
27 Mai 2008: Les formalités d'entrée au Vénézuela réglées nous reprenons la route vers Maracaibo où nous faisons le plein des motos.Première très bonne surprise ; l'essence est presque donnée, moins de 50 centimes d'euros pour faire un plein de 15 litres de sans plomb 95 octanes.Non,je n'exagère pas; c'est sans nul doute l'essence la moins chère du monde (moins chère que l'eau!!!). Nous allons rapidement déchanter quand nous allons voir le coût de la vie dans tous les autres domaines...Arrivée à Ciudad Ojeda pour notre première nuit au Vénéz, et tout ce que nous trouvons c'est un hôtel minable qui nous coûte quand même 20 euros,les autres hôtels,plus corrects sont carrément hors de prix pour notre petit budget...Pour ce qui est de la nourriture,un plat "popular" c'est-à -dire un plat basique coûte en moyenne 5 euros.Une arepa,galette de maïs,prise sur le trottoir dans la rue revient à 2 euros.Ça peut paraìtre bon marché pour des touristes en vacances mais pour nous qui voyageons depuis 9 mois avec un buget quotidien de 30 euros c'est TROP. 28 Mai 2008: Nous quittons Ciudad Ojeda sous une pluie battante,la route est inondée,la visibilité réduite nous roulons prudemment en direction de Trujillo que nous atteindrons en soirée. Trujillo,charmante petite ville des Andes connue pour avoir la plus haute statue d'Amérique du Sud : le monument de la Paix,une vierge de 46 m de haut (la hauteur de la statue de la Liberté à New-York) avec une colombe dans la main qui domine toute la vallée de Trujillo.Il fait beau alors nous prenons la petite route de montagne qui mène au monument.Certes la hauteur de la statue est impressionante dans ce petit coin des Andes mais nous sommes déçus de son manque d'esthétique.En fait ça ressemble à un grand monument en béton ayant la forme d'une vierge mais le tout est assez grossier.Rien à voir avec le superbe Cristo Redentor de Rio de Janeiro!Le plus intéressant tout de même est de prendre l'ascenseur intérieur de la statue jusqu'au sommet pour jouir de la magnifique vue panoramique sur la vallée. 30 Mai 2008: De Trujillo nous prenons une très jolie route de montagne pour rejoindre la plus belle ville des Andes vénézuéliennes à savoir Mérida. Mérida,ville estudiantine à la fois dynamique et reposante qui a sut préserver le charme de son architecture coloniale .A Mérida il n'y a pas que des étudiants il y a aussi beaucoup de touristes venus de tous les coins du monde pour prendre son téléphérique : le plus long et le plus haut du monde !!!A préciser qu'il est de construction française: cocorico!!! Le voyage coûte 20 euros et nous emmène pendant une heure à 4 765 m au Pico Espejo pour admirer le sommet point culminant du Vénézuela, le Pico Bolivar qui culmine à 5 007m.Les panoramas qui s'offrent à nos yeux sont splendides, faisant découvrir la vallée verdoyante de Mérida et les sommets andins.De plus nous aurons la chance d'avoir une journée ensoleillée et un ciel dégagé après avoir connu quelques jours de pluie, comme c'est la normale en cette saison. Autre spécialité de Mérida?Quand il y a des étudiants et des touristes?Allez,c'est facile...Mais oui biensûr: les bars !!!Malheureusement,les prix sont très élevés et tant mieux pour notre santé (et notre porte-monnaie) nous y ferons seulement une longue nuit mais une grosse et longue nuit qui restera dans les annales!Nous commençons par le "HoYo del Quéqué",bar branché que tout le monde fréquente.C'est samedi soir,il y a un Dj faut débourser 4 euros pour entrer sans consommation.Les cocktails ( caïpirinha,Cuba Libre,Margharita et consorts) sont hors de notre portée, faut claquer au moins 6 euros alors nous nous rabattons sur les bières,tant pis pour le régime qu'on commencera demain...La musique est excellente,de la très bonne électro comme on aime.Par contre sa ferme tôt,vers 1h00,pour nous c'est trop tôt alors nous dérivons et enchaìnons les établissements (impossible de me rappeler les noms) jusqu'à notre dernier Bolivar en poche n'ayant plus rien pour prendre le taxi de retour ; pas grave il fait déjà presque jour... Nous retournerons à l"Hoyo del Quéqué" quelques jours plus tard,en début de semaine,l'entrée est gratuite,c'est beaucoup plus calme et la musique c'est Salsa.Mais les boissons restent toujours aussi chères... 5 juin 2008: Nous quittons définitivement les montagnes andines et le froid,j'en avais plus que marre pour descendre vers la grande plaine des llanos.En descendant pour serons copieusement arrosés par des pluies diluviennes nous obligeant à la plus grande vigilance. Les llanos sont une grande plaine marécageuse, terres d'élevages où les paysans portent le chapeau de cow-boy et montent à cheval.Les llaneros ont une culture qui leur est propre avec un style musical particulier plutôt agréable quand elle n'est pas diffusée par des hauts-parleurs hurlants.Les llaneros ont sut s'adapter et survivre dans ce milieu extrêmement difficile et ressentent donc un attachement profond à leur terre. Quant aux paysages ils nous rappellent ceux du Pantanal au Brésil: beaucoup de marécages dont les bords sont occupés par des caïmans impassibles.Et puis des milliers d'oiseaux:échassiers,hérons,perroquets,aigrettes,ibis,jabirus,etc...Petit aparté pour dire que j'adore les jabirus.Ces grands échassiers ,de la famille des cigognes je crois,avec leur aspect voûté,leur plumage blanc avec un col noir et une bande rouge à la base du cou,leur allure à la fois flegmatique et élégante me font penser à des majordomes anglais. Sur la route nous voyons aussi des loutres,nous nous arrètons aussitôt pour les observer et faire quelques photos. Cependant les vrais maîtres des maraîs ce sont les anacondas.Hélas,il nous aurait fallu une chance incroyable pour en voir un depuis la route.N'empêche,tout en roulant je rêve d'en voir un traversant la route .Pourquoi pas? En 2004 j'en ai bien vu un de très bonne taille, sûrement dans les 5 m, à Rémire-Montjoly en Guyane,en pleine ville.Mais le miracle ne se produira pas ! 7 Juin 2008: Nous sortons des llanos pour entrer dans Caracas,notre dixième capitale.Mauvaise surprise les hôtels sont horriblement chers et pour la plupart complets.Pourtant nous sommes dans le quartier le plus modeste et le plus craignos aussi,ça va souvent ensemble. Je trouve quand même une chambre basique avec parking pour les motos pour 160 000 Bolivares soit quand même 55 euros environ.Du coup nous savons que nous n'allons pas y traîner... Les bagages à peine posés nous prenons le métro pour aller dans une concession Yamaha.Le magasin est en train de fermer quand nous arrivons mais le personnel accepte quand même de nous servir.J'en sors heureux j'ai trouvé les pièces qui me manquaient tant: des pipes d'admission neuves et un régulateur de tension pour un prix disons correct.Nous achetons aussi de l'huile pour faire les vidanges des motos.L'huile de qualité est horriblement chère: 20 euros le litre (ça en vaut normalement 7 ou 8).Du coup nous nous rabattons sur de l'huile bas de gamme que nous changerons dans moins de 3 000 kms à Manaus au Brésil. Dimanche matin nous partons faire du tourisme dans le centre historique de Caracas.Grosse déception,c'est pas terrible,les rues sont en travaux,il y a des chantiers de commencés partout,ça donne des airs de ville en guerre.Par ailleurs les rues sont quasi désertes et nous croisons des types à la mine patibulaire mais presque...Alors on traîne pas et nous sommes rentrés pour midi. Après la sieste nous nous occupons des motos.Olivier remonte les pipes neuves puis nous faisons les vidanges.En soirée,après quelques péripéties qui trouvent finalement une bonne issue nous sommes prêts.Prêts pour repartir dès le lendemain.Deux nuits à Caracas c'est bien suffisant,la ville ne nous a pas plu et en plus elle est très dangereuse...L'atmosphère y est très désagréable... 9 Juin 2008: C'est sous le soleil que nous arrivons à Barcelona, au "bord" de la mer Caraïbes.Nous pensons y rester quelques jours pour profiter de la mer ,du soleil et nous reposer un peu avant de descendre vers l'amazonie... Déception : il n'y a pas de plage ! Enfin si mais à plusieurs kilomètres...Je jette un coup d'oeil dans le guide et je vois qu'à environ 40 kms,à Santa Fe nous pourrons trouver plus exactement ce que nous cherchons.J'en parle à Olivier et il nous faut moins de 30 secondes pour décider de gicler dès le lendemain... 10 Juin 2008: Suivant une petite route côtière avec de très beaux panoramas sur la mer des caraïbes ,nous arrivons vers midi à Santa Fe et là c'est le bonheur ! Santa Fe,petit village de pêcheurs avec une jolie plage,des eaux cristallines et une vue superbe sur le Golfe du même nom.Nous trouvons rapidement une pousada avec parking.L'accueil est sympathique,les chambres simples mais comfortables,propres et le prix raisonnable ( 20 euros pour deux).Il y a un jardin avec un patio où nous pouvons cuisiner.Au bout du jardin un portail qu'il faut passer pour accéder directement à la plage ,la mer est à moins de 10 m: c'est exactement ce qu'il nous fallait !Comble du bonheur,dans le patio il y a une télé et je pourrai voir le match de la France contre les Pays-Bas,je savais pas encore à quel point j'allais souffrir... Les jours qui suivent sont passés à la détente entre bains de mer , doigts de pieds en éventails sur la plage et lecture.Le matin nous allons au marché du village acheter des produits frais et surtout du poisson,je me fais un plaisir de cuisiner,échangeant quelques astuces culinaires avec le personnel de la pousada.L'atmosphère est familiale,nous nous sentons vraiment bien.Vendredi soir ,une petite fête improvisée qui se termine un peu tard sur des airs de Salsa et de Reggaeton et notre départ est repoussé au dimanche... Samedi midi nous sommes invités à déguster des pâtes à la sauce bolognaise préparées pendant que nous nous reposions , cette atention nous touche beaucoup. 15 Juin 2008: Il est temps de partir de la côte caraïbéenne pour rejoindre Ciudad Bolivar,au bord de l'Orénoque. Nous trouvons un hôtel dans le centre mais c'est cher: 23 euros pour dormir en hamacs... Nous faisons un petit tour de Ciudad Bolivar et prenons quelques photos.La ville est charmante avec une architecture coloniale bien préservée.. Pour s'alimenter c'est très compliqué,pas de petits restos et le moindre truc est assez cher... 17 Juin 2008: Malgré un réveil sous une pluie fine nous sommes heureux de remonter sur les motos,direction le Sud,la Gran Sabana...Quelques heures plus tard nous roulons sous de véritables trombes d'eau, la pluie équatoriale...Nos tenues de pluie sont insuffisantes et rapidement nous sentons l'eau s'infiltrer et mouiller nos vêtements peu à peu. Nous arrivons en début d'après-midi à El Dorado où nous ferons étape avant d'atteindre la frontière. El Dorado,petite ville perdue en forêt,où les chercheurs d'or viennent faire leurs courses et se divertir.Connue pour son Carnaval qui semble-t-il attire tous les ans des dizaines de milliers de personnes.Egalement connue pour son pénitencier où notre célèbre bagnard Henri Charrière ,alias Papillon, a séjourné quelques temps... Nous bivouaquons à la sortie de la ville, à environ 5 kms, chez un Suisse qui met à disposition un carbet pour tendre les hamacs et des sanitaires pour 20 000 bolivares/ personne soit 6 euros !!!Le petit dèj est facturé 22 000 bolivares donc nous nous contenterons d'un café transparent style jus de chaussette.Ceci dit nous sommes en forêt,tranquilles et nous pouvons nous reposer . 18 Juin 2008: Après une matinée à rouler en forêt, paysage que nous connaissons fort bien,nous atteignons enfin la Gran Sabana. Le relief s'élève, autour des 1 100 m d'altitude nous offrant de très belles vues sur les Tepuys,montagnes tabulaires typiques de cette région du Vénéz. Malgré une météo alternant soleil et averses nous profitons au mieux de ces magnifiques paysages. Nous arrivons enfin à Santa Elena de Uairén, où nous passerons notre dernière nuit au Vénéz.Après un bon déjeuner dans un restaurant por kilo (on paie selon le poids de l'assiette) tenue par une gentille dame brésilienne nous trouvons une chambre dans un hôtel ,juste en face du restau pour un prix raisonnable.Nous déposons nos bagages avant de faire le plein d'essence des motos.Mauvaise surprise: les touristes ne peuvent pas se servir à la pompe de la ville mais doivent s'aprovisionner à une autre station,entre les deux frontières où le carburant est 20 fois plus cher qu'à la normale soit 70 centimes d'euros au lieu de 3 cts...Dommage nous sommes presque fauchés et surtout vue le coût de la vie en générale,nous nous étions habitués à ne payer presque rien... Pluies diluviennes à la tombée de la nuit.Comme en Guyane , l'eau envahie les rues et nous trouvons refuge devant un débit de boissons,une Licoreria, où nous buvons quelques bières en rêvant du Brésil tout proche... 19 Juin 2008: Réveil matinal,un léger rayon de soleil et le moral au beau fixe : dans quelques heures nous serons au Brésil !!! |